French poem
Vieillesse
by Pamphile Le May (1837–1918)
Seul, un soir, je marchais près du ruisseau qui court Sous les pins odorants de mon petit domaine; Je rêvais au passé que rien ne nous ramène, Et tout le temps vécu me paraissait bien court.
L'ennui, comme un boulet, rendait mon pas plus lourd; J'éprouvais les rancoeurs du gueux que l'on surmène; Je cherchais le pourquoi de toute vie humaine; Je n'avais plus d'espoirs; mon coeur devenait sourd.
Arbres, fleurs et gazon, fleuve aux profondes vagues, Chansons des nids, soupirs des bois, murmures vagues, Tout était là. Pourtant, je n'ai pas tressailli.
Elles m'ont laissé froid, ces choses si troublantes, Et j'ai vu des oiseaux, des insectes, des plantes, Se dire avec tristesse:—Hélas! il a vieilli!