Versos French Paul Verlaine Ballade en faveur de Léon Vanier et Cie

French poem

Ballade en faveur de Léon Vanier et Cie

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Ce que j’aime, Dieu seul le sait. Autant que le diable l’ignore… J’aime d’abord ce qui me fait Plaisir, — puis ce qui presque encore (Telles, pillules que l’on dore) Me fait mal, peine, doute ou peur. Mais, mes amis, ce que j’adore Surtout, ce sont mes éditeurs.

J’aime la femme, — un fait, ce l’est Indubitable, — comm’ j’abhorre (Avec apocope) le laid ! J’aime l’absinthe bicolore : Verte et blanche, autant que j’honore De loin l’eau pure et ses horreurs. Mais ce qui vaut un : « Ah ! » sonore Surtout, ce sont mes éditeurs.

Ils sont charmants, doux comme lait, Luisants comme louis qui se dore (Avec apocope) et qui plaît À tout le monde. Un los s’essore Et l’envieux que l’envi’ fore (Avec apocop’) — ses fureurs ! — (Avec idem) crèv’ comm’ pécore ; Mais, au fond, viv’nt mes éditeurs !

Du Kohinnor et de Lahore Princes trop grands, mais peu donneurs, C’est vers vous que je m’édulcore, Mes chers, mes tendres éditeurs.