French poem
Ballade en vue d’honorer les Parnassiens
Or on vivait en des temps fort affreux Où la réclame était mal en avance. Dans la bataille aux rimes plus d’un preux Tout juste eut pour l’attaque et la défense Quelque canard d’Artois ou de Provence ; Mais Phœbus vint qui reconnut les siens Et sut garder, vainqueurs, de toute offense Les chers, les bons, les braves Parnassiens.
Bien que tenus un peu pour des lépreux, Ne touchant guère en fait de redevance Que tels petits écus des moins nombreux Et l’amour et l’eau claire pour chevance Unique avec la faim de connivence, Tous, aussi bien les neufs que les anciens, Ils marchaient droit dans la stricte observance, Les chers, les bons, les braves Parnassiens.
C’étaient, après les Maîtres valeureux, Ces pages fiers : Mendès en son enfance Mais qui déjà portait des coups heureux, — Ah lui ! ne l’eût oncques la rime en vance Gêné du tout, voir celle en revance, — Heredia, fleur des patriciens, Dierx, Cazals, que leur nom pur devance, Les chers, les bons, les braves Parnassiens.
Princes et rois « gardés de toute offense », Ai-je dit, l’un de ces miliciens, Qu’à leurs santés boivent l’eau de Jouvence Les chers, les bons, les braves Parnassiens.