French poem
Ballade en faveur des dénommés décadents symbolistes
Quelques-uns dans tout ce Paris Nous vivons d’orgueil et de dèche. D’alcool encore qu’épris Nous buvons surtout de l’eau fraîche En cassant la croûte un peu sèche. À d’autres fins mets et grands vins Et la beauté jamais revêche ! Nous sommes les bons écrivains.
Phœbé, quand tous les chats sont gris, Effile d’une pointe rêche Nos corps par la gloire nourris Dont l’enfer, au guet, se pourlèche, Et Pœbus nous lança sa flèche, La nuit nous berce en songes vains Sur des lits de noyaux de pêche. Nous sommes les bons écrivains
Beaucoup de beaux esprits ont pris L’enseigne de l’Home qui bêche, Et Lemerre tient les paris, Plus d’un encor se dépêche El tâche d’entrer par la brèche ; Mais Vanier à la fin des fins Seul eut de la chance à la pêche. Nous sommes les bons écrivains.
envoi
Bien que la bourse chez nous pèche, Princes, rions, doux et divins. Quoi que l’on dise ou que l’on prêche. Nous sommes les bons écrivains.