French poem
Bien que les champs, les fleuves, et les lieux
Bien que les champs, les fleuves, et les lieux, Les monts, les bois, que j’ay laissez derrière, Me tiennent loin de ma douce guerrière, Astre fatal, d’où s’escoule mon mieux : Quelque Daimon par le congé des cieux, Qui presidoit à mon ardeur première, Conduit tousjours d’une aisle coustumiere Sa belle image au séjour de mes yeux. Toutes les nuicts, impatient de haste, Entre mes bras je rembrasse et retaste Son vain portrait en cent formes trompeur : Mais quand il voit que content je sommeille, Rompant mon aise il s’enfuit, et m’esveille Seul en mon lict, plein de honte et de peur.