French poem
De Myrte et de Laurier
De Myrte et de Laurier fueille à fueille enserrez Helene entrelassant une belle Couronne, M’appela par mon nom : Voyla que je vous donne, De moy seule, Ronsard, l’escrivain vous serez.
Amour qui l’escoutoit, de ses traicts acerez Me pousse Helene au cœur, et son Chantre m’ordonne : Qu’un sujet si fertil vostre plume n’estonne : Plus l’argument est grand, plus Cygne vous mourrez.
Ainsi me dist Amour, me frappant de ses ailes : Son arc fist un grand bruit, les fueilles éternelles Du Myrte je senty sur mon chef tressaillir.
Adieu Muses, adieu, vostre faveur me laisse : Helene est mon Parnasse : ayant telle Maistresse, Le Laurier est à moy, je ne sçaurois faillir.