French poem
Cruelle il suffisoit
Cruelle, il suffisoit de m’avoir pouldroyé, Outragé, terrassé, sans m’oster l’espérance. Tousjours du malheureux l’espoir est l’asseurance : L’amant sans espérance est un corps fouldroyé.
L’espoir va soulageant l’homme demy-noyé : L’espoir au prisonnier repromet délivrance : Le pauvre par l’espoir allège sa souffrance : Pandore au genre humain a ce bien octroyé.
Ny d’yeux ny de semblant vous ne m’estes cruelle : Mais par l’art cauteleux d’une voix qui me geile, Vous m’ostez l’espérance et desrobez mon jour.
O douce tromperie aux Dames coustumiere ! Qu’est-ce parler d’amour sans point faire l’amour, Sinon voir le Soleil sans aimer sa lumière ?