French poem
Comme vn qui prend
COmme vn qui prend vne coupe, Seul honneur de son tresor, Et de rang verse à la troupe Du vin qui rit dedans l’or : Ainsi versant la rousee, Dont ma langue est arrousee Sur la race des Valois, En son doux Nectar i’abreuue Le plus grand Roy qui se treuue Soit en armes ou en lois. Heureux l’honneur que i’embrasse, Heureux qui se peut vanter De voir le Thebaine grace Qui sa vertu veut chanter. Ie vien pour chanter la tienne Sur la corde Dorienne, Des Charites ennobly, Pour n’endurer que la gloire De ta premiere victoire Aille là bas sous l’oubly. De ce beau trait decoché, Dy Muse mon esperance, Quel Prince sera touché Le tirant parmy la France ? Sera-ce pas nostre Roy, De qui la diuine oreille Boira la douce merueille Qui n’obeyst qu’à ma loy ? De Iupiter les antiques Leurs esprits embellissoient : Par luy leurs chants poëtiques Commençoient & finissoient, Resiouy d’entendre bruire Ses loüanges sur la Lyre : Mais Henry sera le Dieu Qui commencera mon Hynne, Et que seul i’estime dine De la fin & du milieu. » Le Ciel qui ses lampes darde » Sur ce Tout qu’il apperçoit » Rien de si grand ne regarde » Qui vassal des Rois ne soit : » D’armes le Monde ils estonnent : » Sur le chef de ceux ils tonnent » Qui les viennent despiter : » Leurs mains toute chose attaignent » Et les plus rebelles craignent » Les Rois fils de Iupiter. Mais du nostre la grandeur Les autres d’autant surpasse, Que d’vn rocher la hauteur Les flancs d’vne riue basse. Puisse-il par tout l'Vniuers Deuant ses ennemis croistre, Et pour ma guide apparoistre Tousiours au front de mes vers.