French poem
Puis que d’ordre à son
PVis que d'ordre à son rang l'orage est reuenu, Si que le cien voilé tout triste est deuenu, Et la vefue forest branle son chef tout nu Sous le vent qui l'estonne: C'est, la Brosse, auiourd'huy (ce me semble) raison, Qui ne veut offenser la loy de la saison, Prendre à gré les plaisirs que tousiours la maison En temps pluuieux donne. Mais si iaugure bien, quand ie voy pendre en bas Les nuaux auallez, mardy ne seras pas Si mouillé qu'auiourdhuy, nous prendrons le repas Tel iour, nous deux ensemble. Tandis chasse de toy tout le mordant souci, Chasse moy le procez, chasse l'amour außi: Ce garçon furieux aux plus sages d'ici Mille douleurs assemble. Du soin de l'aduenir ton cœur ne soit espoint, Ains content du present ne te tourmente point Des mondaines faueurs qui ne dureront point Sans culbuter à terre. Plus tost que les buissons les Pins audacieux, Et le front des rochers qui menace les Cieux, Plus tost que les cailloux abbaissez à nos yeux, Sont frappez du tonnerre. Vien soul : car tu n'auras le festin ancien, Que prodigue donna l'orgueil Egyptien Au Romain qui vouloit tout l'Empire estre sien: Ie hay tant de viandes. Tu ne boiras außi de ce Nectar diuin Qui rend Anjou fameux : car volontiers le vin Qui a senti l'humeur du terroir Angeuin, Suit les bouches friandes.