Versos French Pierre-Jean de Béranger Le Chien de Saint Roch

French poem

Le Chien de Saint Roch

by (1780–1857)

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Saint Roch un jour dit dans les cieux : Collègues, foin des envieux ! Il faut qu’on ne se fie, En rien, À la philosophie… Vous m’entendez bien.

Vous êtes des jean !… c’est le mot. Pour moi, je transforme aussitôt, Par un secret magique, Mon chien, En roquet satirique… Vous m’entendez bien.

Sur son cul le chien se mettant, Un coup de pied ! zeste… à l’instant À Paris nous l’envoie, Eh bien ! Aussitôt il aboie… Vous m’entendez bien.

Voltaire attaque aux sombres bords De Fréron, du diable et des morts Les préjugés sans nombre ; Le chien Aboie après son ombre… Vous m’entendez bien.

Nous philosophons aux Français, Mais de peur qu’un jour de succès Satan ne nous emporte, Le chien Doit en garder la porte… Vous m’entendez bien.

Gueule ouverte à ses ennemis, Gueule ouverte à ses bons amis, Il avale sans tordre, Eh bien ! Et ne vit que de mordre… Vous m’entendez bien.

Pour une actrice ayant sauté, Aux amateurs il a vanté Ses attraits et sa grâce, Eh bien ! Il est son chien de chasse… Vous m’entendez bien.

Auteurs qui voulez l’assommer, Tout Paris peut vous affirmer Qu’il court à son breuvage Trop bien Pour qu’on craigne sa rage… Vous m’entendez bien.

Ô grand Saint-Roch ! du haut des cieux, Voyez comme on l’aime en tous lieux ! Sur un coffre il renifle, Le chien, Et partout on le siffle… Vous m’entendez bien.