French poem
Turlututu
by Pierre-Jean de Béranger (1780–1857)
Turlututu, le fifre Des vétérans de Paris, Veut qu’on le marque au chiffre Du régiment des maris.
De me plaire il est en peine ; Moi, je lui dis : M’en crois-tu ? Va, Turlututu, rengaîne, Turlututu.
Hier, pour une aubade, Sous ma fenêtre il se met ; Ce plaisir assez fade Est le seul qu’il me promet. Je juge à sa courte haleine, Son instrument sans vertu. Va, etc.
Mais rien ne le rebute, Il arrive ce matin. En parlant de sa flûte, Il veut prendre un air hautain ; Aussi fier qu’un capitaine, Il tient mon cœur pour battu. Va, etc.
À la fin il se fâche, Et veut m’épouser soudain ; Je le traite de lâche ; Il met l’épée à la main. Mais trop de fureur l’entraîne… Voilà mon homme abattu. Va, etc.
Messieurs, sans équivoque, Ça prouve qu’en plus d’un cas
Notre vertu se moque D’un amant qui ne plaît pas. À l’Amour je dis, sans gêne, Quand son dard est trop pointu : Va, Turlututu, rengaîne, Turlututu.