Versos French Pierre Quillard Iii

French poem

Iii

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Je ne sais plus dans quels chemins ni sous quels cieux La reine de mon coeur, la reine de mes yeux, La souveraine de mes larmes ignorées, Qui tord en ses cheveux l'or fauve des vesprées, Passa sans un regard vers mon front en exil Comme un soleil d'hiver oublieux de l'avril.

Hélas! les lys sont morts; les roses sont fanées; L'impitoyable deuil défleurit les années. Elle ne connaît plus les choses d'autrefois; Son oreille infidèle a désappris ma voix, Ma voix tremblante et les paroles murmurées Et le frissonnement des étreintes sacrées.

Et maintenant, et maintenant! je veux en vain M'interdire les jours et le passé divin. Ma lèvre qu'elle sut délicate naguères Est chaude d'une bouche et de baisers vulgaires Et j'ai bu pour marcher dans l'ombre de la mort Le vin des matelots et des hommes du port.

Mais cette ivresse est triste, ô reine, et je t'implore. Reviens, fais resplendir la gloire de l'aurore. Jette sur les bois nus un manteau de printemps Et pare les sentiers des roses que j'attends.

Sois bienveillante; ou si les beaux jardins des rêves Sont clos pour jamais, soit! les heures seront brèves Où je vivrai dans la lumière et dans le bruit, Et je descendrai seul les marches de la nuit.