Versos French Pierre Quillard Iii

French poem

Iii

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Éperdument, par les silencieuses sentes, Il allait; ses regards épiaient les fourrés Taciturnes: sous les rameaux enchevêtrés, Nulle apparition de chairs éblouissantes.

L'ombre informe, le noir silence, des parfums Sauvages d'herbe fraîche et de fleurs surannées Et, confondue avec les sèves déchaînées, L'innombrable senteur des automnes défunts.

Il allait; nulle voix effroyable ou charmante Ne répondait, nul bruit de fête ou de combats: Seul, dans les antres, sous le ciel, ici, là-bas, Le frisson fauve de la terre qui fermente.

Semblables au monceau des feuilles sous ses pas, Ses rêves, ses douleurs, ses pensées Tombaient en tournoyant dans les bises glacées Et l'Aède comprit que les dieux n'étaient pas.

Il perdit, se vouant aux stupides épées, L'orgueil d'être vaincu par un maître inclément, Comme les héros morts frappés en blasphémant Ivres d'un puissant vin de gloire et d'épopées.

Et dépouillé du fier rêve des dieux jaloux, Il brisa pour jamais les cordes tutélaires Et descendit vers les clameurs et les colères, Ainsi qu'un chasseur las se livre aux crocs des loups.