Versos French Pierre Quillard Iv

French poem

Iv

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Par quelle cruauté des implacables dieux? Si loin des jours royaux et pavoisés de joie, Un soleil tel que les anciens soleils flamboie Et tes cheveux en fleur épouvantent mes yeux.

Parmi le deuil hélas! et les ombres tombales, Que me veux-tu, sourire impérieux encor Qui fais se réveiller avec un sursaut d'or Le prestige menteur des aubes triomphales?

Oui: tes lèvres m'étaient douces près de la mer Et sur la fauve grève où dormaient les carènes Gonflaient d'un chant si pur les conques des Sirènes Que des oiseaux neigeaient autour de toi dans l'air

Et que le souvenir des ailes éployées Palpite en mes regards éblouis. O rayons Eteints! vols disparus d'aigles et d'alcyons! Voix morte désormais sur des lèvres souillées!

Voix morte et pour moi seul vivante: je voudrais Ne plus l'entendre et que la terre devînt noire Et que la nuit sereine engloutît la mémoire De ta beauté semblable aux roses des forêts.

Mais l'ombre décevante est encore hantée Par les dieux importuns qui défendent l'oubli Et la poignante fleur au calice pâli Sollicite toujours ma bouche ensanglantée.