French poem
V
Reine du magique palais, En ce jeu cruel que tu joues, Comme tes soeurs, tu te complais Aux larmes roulant sur nos joues.
Quand tu presses le vin des coeurs L'étoile de tes yeux rutile, L'étoile de tes yeux vainqueurs Rit de la lâcheté virile.
Tandis que, dans la paix du soir, Les désirs--tels de mauvais anges-- Portent aux meules du pressoir Les grappes des rouges vendanges.
Soit! en tes rêves assassins Grise-toi des pourpres foulées Et noue au-dessous de tes seins Des peaux fauves et tavelées.
Sois la bacchante que les dieux Lâchent sur la terre; promène L'orgueil de tes flancs radieux Au milieu de la vigne humaine.
Va! que les héros asservis Et les poètes que tu crées Se courbent hurlants et ravis Devant tes colères sacrées:
Tes triomphes sont imparfaits, Ta gloire sanglante est un leurre; Tu n'as pas su que je t'aimais Et tu ne sais pas que je pleure.