French poem
Vii
O mère, le jeune Prince doit passer devant notre porte. Comment pourrais-je travailler ce matin?
Apprenez-moi à natter mes cheveux; dites-moi quel vêtement je dois mettre.
Pourquoi, mère, me regardez-vous avec étonnement?
Je sais bien qu’il ne jettera pas un regard à ma fenêtre; je sais qu’en un clin d’œil, il disparaîtra et que seuls les sanglots de sa flûte lointaine viendront mourir à mon oreille.
Mais le jeune Prince passera devant notre porte et je veux, pour cet instant, mettre ce que j’ai de plus beau.
* * * * *
O mère, le jeune Prince a passé devant notre porte et le soleil du matin étincelait sur son char.
Je me suis dévoilée; j’ai arraché mon collier de rubis de mon cou et je l’ai jeté à ses pieds.
Pourquoi, mère, me regardez-vous avec étonnement?
Je sais qu’il ne ramassa pas mon collier; je sais que mon collier fut écrasé sous les roues de son char, laissant une tache rouge sur la poussière; personne n’a su ce qu’était mon présent ni à qui il était offert.
Mais le jeune Prince a passé devant notre porte et j’ai jeté sur son chemin le joyau de mon cœur.