French poem
Xi
Nul n’accoste à cette rive. Les filles n’y viennent pas puiser de l’eau; la côte est broussailleuse; des Saliks, par troupes bruyantes, creusent leurs nids dans l’abrupte falaise hostile aux barques des pêcheurs.
Tu choisis pour t’asseoir un banc d’algues sèches et l’heure avance. A qui penses-tu? Elle me regarde et répond: «A personne.»
Nul bétail ne vient s’abreuver à cette rive. Seules quelques chèvres égarées broutent l’herbe rare près de l’oblique Peepal déraciné.
Tu es assise dans l’ombre avare et l’heure avance. Dis-moi, qui donc attends-tu? --Elle me regarde et répond: «Personne.»