French poem
Xvi
Quand, pareil à une épée luisante, le torrent de la colline a été replacé par le soir dans son fourreau d’ombre, une bande d’oiseaux passe avec de frissonnantes rumeurs d’ailes.
Cette fuite parmi les choses immobiles y ranime le désir soudain du mouvement; elle déchire les réseaux du silence; elle se révèle comme un grand émoi!
J’imagine les monts et les forêts volant à travers les âges; j’imagine que de la nuit renaît la lumière à chaque rencontre d’étoile...
Je sens en moi-même l’essor d’un oiseau migrateur; il se fraye une route par-delà la vie et la mort, tandis que notre monde inquiet voyage sans repos dans l’infini sans bornes.