French poem
Xxii
Le soir me fait signe, et volontiers j’eusse suivi les voyageurs du dernier bac pour traverser l’ombre.
Certains regagnaient leur demeure; d’autres partaient pour de lointaines contrées; tous risquaient l’aventure.
Mais je demeure sur la rive; l’été s’éloigne et l’hiver ne me donnera point de moissons.
J’attends un amour dont les déceptions et les larmes, semées dans la terre obscure, s’épanouiront en fleurs et en fruits quand renaîtra l’aurore.