French poem
Xxiv
Jadis, chaque matin, quand la rosée luisait dans l’herbe, vous veniez balancer mon hamac. Mais, glissant des sourires aux larmes, je ne vous reconnaissais pas.
Durant les somptueux midis d’Avril vous me parliez, je crois, de vous suivre. Mais je cherchais votre visage, et voici qu’entre nous passaient des processions fleuries, et des hommes et des femmes jetant leurs chansons aux souffles du sud.
Sur la route je vous ai croisé sans vous reconnaître. Et puis, certains jours plein du vague parfum des lauriers roses, plein du vent qui s’obstinait parmi les gémissantes palmes, je vous ai longuement considéré. Et je ne savais pas si vous m’aviez jamais été inconnu.