Versos French Robert de Bonnières Mulot

French poem

Mulot

by (1850–1905)

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«Et ne le suis-je pas? Ma femme et moi faisons nos deux repas, Ma belle Dame, et mon bien n'est en friche. J'ai pour ma vache assez de foin fauché, Mes trois pommiers emplissent dix corbeilles. «Je mouds vingt sacs de seigle, et les abeilles Valent, par an, deux écus au marché. Je puis encor tous les jours de l'année --Sans vous fâcher--donner aux pauvres gens, Clercs en voyage ou moines indigents, L'aide du ciel que je vous ai donnée.

LA FÉE (à part.)

--«Le Roi toujours n'eut si bon compagnon, Et noble coeur fait souche de noble homme. Mulot, ma foi! serait bon gentilhomme. On en a vu bien d'autres: pourquoi non?

(S'adressant à Mulot.)

«Maître Mulot, veux-tu que je te fasse Seigneur céans, écuyer ou baron? J'attacherai moi-même l'éperon. Tu prendras nom Mulot de Bonne-Face; Et tu pourras porter en mon honneur Le champ d'azur de mon blason de Fée Dragon d'argent et colombe coiffée. Et si sur ce quelque beau raisonneur Vient à gloser, il l'ira dire à Rome!»