French poem
Dans les brandons du Ciel qui brûle, je crois voir
by Robert de Montesquiou (1855–1921)
Dans les brandons du Ciel qui brûle, je crois voir De rouges lis broyés, des lambeaux de chair tiède ; Moreau l’aurait bien peint, ce couchant sanguinède Où la pourpre des Rois s’effrange dans le soir.
Sur les miroirs d’onyx des bassins d’un vert noir, Des lèvres d’une plaie un sourire m’obsède ; Au-dessus, des agneaux écorchés, que précède Un berger empourpré, vont au rouge abreuvoir.
Tout le débarquement de Cléopâtre à Tarse, Dans cette incandescente agonie est éparse : Lorrain brandit sa torche, et Turner est en feu !
Le peintre Orizonnté, que son nom symbolise, À Versailles ayant fait défaut, qu’on élise Le pinceau de Besnard et le pastel d’Helleu.
More by Robert de Montesquiou
- Cette veuve de l’Astre a l’aspect de la Lune
- Cinq fois l’an, au sortir des coupables ruelles
- Conforme à son rôlet de monstre et de bijou
- C’est le rassemblement des princes douloureux
- De feuilles mortes le bassin s’ambre et s’étoupe
- Dénouant ses liens et coupant ses cheveux
- Des bouquets de lilas, d’iris et de tulipe
- Deux noms chers à l’Amour : Montbazon et Rancé !