French poem
La feuille morte pleut à flots, par cataracte
by Robert de Montesquiou (1855–1921)
La feuille morte pleut à flots, par cataracte, Emplissant une coupe, un verre, un vase, un muid, Un bassin, une vasque, une fontaine, un puits, Une tombe… pour le décor du dernier acte.
La fleur de la rosée, en givre au bord du buis, Se transforme à l’aurore et, l’irisant, le lacte. C’est un vrai nombre d’or de vieille lune, épacte Que l’an qui meurt calcule en sifflant sous les huis.
La frondaison coule à torrents et croule à verse ; L’eau ne se ride plus quand le marbre se gerce… — Comptez ceux de vos jours qui furent les plus beaux ;
Et dans un linceul d’ambre, ourdi par la Nature, Faites-en l’unanime et brève sépulture… — La feuille tombe à pleins tombereaux, pleins tombeaux.
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