French poem
Tous ceux qui dans l’Éden-Versailles ont souri
by Robert de Montesquiou (1855–1921)
Tous ceux qui dans l’Eden-Versailles ont souri, Lauriers-roses, pareils à des bouquets de bouches, En vos ardents buissons vibrants comme des touches, Font flamboyer sans fin leur souvenir fleuri.
Plus d’un cadavre intact sous le gazon pourri, Dans le marbre effrité des funéraires couches, Par vos fleurs où l’insecte au rouge met des mouches, D’un long mémorial de tendresse est nourri.
Doux rosiers remontants de la Femme adultère, Un tourment végétal vous oblige à vous taire, Mais votre arôme dit votre amour enfermé.
Beaux lauriers, jets vivants de sensitive pulpe, Faites pleuvoir sur nous vos baisers que disculpe Une absolution d’avoir beaucoup aimé.
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