French poem
Tant de soleils sont morts dans ces bassins augustes
by Robert de Montesquiou (1855–1921)
Tant de soleils sont morts dans ces bassins augustes, Qu’on dirait des coffrets d’étoffes et d’atours : Robes couleur des nuits, rubans couleur des jours Que vécurent des dieux dont s’effritent les bustes.
Leur gloire immesurée et leurs grâces injustes Ne sont plus que de l’herbe au dallage des cours ; Un texte inattendu commente leurs discours : La mousse en leurs cœurs froids et sur leurs lèvres frustes
Les rois n’ont plus de sceptre entre leurs doigts brisés ; Vénus n’a plus de rose entre ses doigts rosés ; Cupido n’a plus d’aile ; Apollo, plus de lyre…
Et la glace des eaux les aide à se flétrir ; À l’heure de s’éteindre heureux de se sourire, Heureux de se mirer à l’heure de mourir !
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