French poem
Quelquefois une horreur sacrée et sépulcrale
by Robert de Montesquiou (1855–1921)
Quelquefois une horreur sacrée et sépulcrale Sort d’une allée, abside aux pilastres ligneux. Comme des chapiteaux, l’arbre a noué ses nœuds, Et sa voûte se change en verte cathédrale.
Les brumes, en encens, y tournent leur spirale ; Le soleil y pénètre en lustres lumineux ; Et les oiseaux, ayant rythme et couleurs en eux, Sont la psallette ensemble, et la fresque murale.
Le plus incoercible organiste, Kreissler, Que Schumann eût chéri, qu’Hoffmann eût aimé : l’air, Des Te Deum lointains exerce encor la morgue.
Il adjoint à son rôle un souffleur inconstant ; Et l’orage et la brise attachés à son orgue Alternent le bourdon, la flûte, le prestant.
More by Robert de Montesquiou
- Portraitiste attitré du vieux Versailles, Lobre
- Présage
- Prince de l’Inconnu, Roi des Sphinx et des Sphinges
- Quelle sera ta Véronique, Siècle impur
- Sur cette eau dont la Lune opalise le disque
- Sur le pâle Cheval que meut l’Apocalypse
- Sur les feuilles aux tons d’écaille et d’orichalque
- Tant de soleils sont morts dans ces bassins augustes