French poem
Inconstance
by Saint-Amant (1594–1661)
On devroit bien trouver estrange Que ma muse n’ait mis au jour Quelque œuvre digne de louange Sur le sujet de mon amour : Je m’en estonnerois moy-mesme ; Mais, dans mon inconstance extresme, Qui va comme un flus et reflus, Je n’ay pas si-tost dit que j’ayme, Que je sens que je n’ayme plus.
Il est vray que je sçay bien feindre, Et qu’il n’est esprit si rusé, Lors que ma bouche se veut plaindre, Qui ne s’en trouvast abusé ; Mon cœur plein d’infidelles charmes N’espargne ni soûpirs ni larmes Pour essayer d’y parvenir, Et mes paroles sont des armes Contre qui rien ne peut tenir.