French poem
« Ami, ton dire est vrai ; les peintres, dont l’honneur »
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Ami, ton dire est vrai ; les peintres, dont l’honneur Luit en tableaux sans nombre aux vieilles galeries, S’occupaient assez peu des hautes théories, Et savaient mal de l’art le côté raisonneur ;
Mais, comme dans son champ dès l’aube un moissonneur, En loyaux ouvriers, sur leurs toiles chéries Ils travaillaient penchés, seuls et sans rêveries, Pour satisfaire à temps leur maître et leur seigneur.
Nous donc aussi, laissant nôtre âge et ses querelles, Et tant d’opinions s’accommoder entre elles, Cloîtrons-nous en notre œuvre et n’en sortons pour rien,
Afin que le Seigneur, notre invisible maître, Venu sans qu’on l’attende et se faisant connaître, Trouve tout à bon terme et nous dise : C’est bien.
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