French poem
« Amie, il faut aimer quand le feu couve encore »
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Je ne veux plus, je ne chercherai plus, me disait-elle — Je répondais : Amie, il faut aimer quand le feu couve encore Et qu’une main fidèle en refait les apprêts ; Il faut rendre à l’autel ce qui tout bas dévore Et qu’on regrette après.
Il faut aimer tandis que l’âme endolorie N’a laissé qu’un éclair au front inaltéré. Et qu’à de jeunes yeux l’amant soumis s’écrie : « Par toi je revivrai ! »
Amie, il faut aimer pour qu’à l’heure où tout passe, À l’âge où toutes fleurs quitteront le chemin, Dans les landes du soir, en entrant, tête basse, Nous nous serrions la main.
Il faut aimer pour l’heure où les suprêmes transes Dans un sein qui se brise éteindront les soupirs : Le dernier nous rendra toutes les espérances Et tous les souvenirs !
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