French poem
« À Francfort-sur-le-Mein l’on entre, et l’on s’étonne »
by Sainte-Beuve (1804–1869)
À Francfort-sur-le-Mein l’on entre, et l’on s’étonne De ne voir qu’élégance, éclat, faste emprunté ; Ô Francfort, qu’as-tu fait de ta vieille beauté ? Marraine des Césars, où donc est ta couronne ?
Mais plus loin, à travers l’or faux qui t’environne, Ton église sans flèche, au cœur de la cité, Monte, comme un vaisseau par les vents démâté ; Et sa tête est chenue ; et comme une lionne
Qui, des ardents chasseurs repoussant les assauts, Tient contre elle serrés ses jeunes lionceaux, La tour tient à ses pieds toutes les vieilles rues,
Et sur son sein les presse, et, debout, les défend : Et cependant le Siècle, immense et triomphant, Déborde et couvre tout de ses ondes accrues.