French poem
« Ne ris point des sonnets, ô critique moqueur ! »
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Ne ris point des sonnets, ô Critique moqueur ! Par amour autrefois en fit le grand Shakespeare ; C’est sur ce luth heureux que Pétrarque soupire, Et que le Tasse aux fers soulage un peu son cœur ;
Camoens de son exil abrége la longueur, Car il chante en sonnets l’amour et son empire ; Dante aime cette fleur de myrte, et la respire, Et la mêle au cyprès qui ceint son front vainqueur ;
Spencer, s’en revenant de l’île des féeries, Exhale en longs sonnets ses tristesses chéries ; Milton, chantant les siens, ranimait son regard :
Moi, je veux rajeunir le doux sonnet en France ; Du Bellay, le premier, l’apporta de Florence, Et l’on en sait plus d’un de notre vieux Ronsard.
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