French poem
Oui, cher Zénon
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Oui, cher Zénon, oui, ma lyre est bizarre, Je le sais trop ; d’un étrange compas Elle est taillée, et ne s’arrondit pas D’un beau contour sous le bras du Pindare.
Le chant en sort à peine, et comme avare : Nul groupe heureux n’y marierait ses pas : Mais écoutez, et dites-vous tout bas Quel son y gagne en sa douceur plus rare.
Demandez-vous si ce bois inégal, Ce fût boiteux qu’un coup d’œil juge mal, N’est pas voulu par la corde secrète,
Dernière corde, et que nul avant moi N’avait serrée et réduite à sa loi, Fibre arrachée au cœur seul du Poëte ! Assis aux bords déserts des lacs mélancoliques.