French poem
Pauvre Muse froissée
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Pauvre muse froissée, insultée, avilie, Pauvre fille sans fard qu’en humble pèlerin Devant eux j’envoyais pour chanter sans refrain, Oh ! reviens à mon cœur poser ton front qui plie.
Ils ne t’ont pas reçue, ô ma chère folie, Oh ! plus que jamais chère ; apaise ton chagrin ! Ton parfum m’est plus doux, par ce jour moins serein, Et l’abeille aime encor ta fleur désembellie.
Un sourire immortel à la terre accorda Hyacinthe, anémone et lis, et toutes celles Qu’Homère fait pleuvoir aux pentes de l’Ida.
Même aux champs, sur la haie, il en est de bien belles ; Blanche-épine au passant rit dans ses fleurs nouvelles ; Mais la mieux odorante est l’obscur réséda.