French poem
Jour terne
by Stanislas de Guaita (1861–1897)
Gris uniformément, humide et lourd d’ennui, Le ciel verse un jour terne et qui n’est pas la nuit. Cette pâleur n’a point l’attirance de l’ombre. Le mystère croissant du crépuscule sombre M’est cher ; — j’aime l’effroi de l’heure où les hiboux Ont des cris menaçants ou plaintifs, en leurs trous Écarquillant des yeux où le feu pourpre alterne, Pareil à la clarté rouge d’une lanterne. — Vous n’êtes point sans charme, ô moments ténébreux Où le passant chancelle, égaré dans le creux
Des chemins hérissés de ronces agressives. — Le port majestueux des vieilles tours massives D’un manoir, que l’éclair, de moment en moment, Découpe sur le ciel épouvantablement, Nous frappe de terreur, parmi la solitude.
— Mais de ce ciel pâlot tombent la Lassitude La Nausée et le Spleen ; — et l’on est dégoûté D’avoir à vivre encor, d’être et d’avoir été.