French poem
À celle qui est triste
by Stuart Merrill (1863–1915)
Avec vos gestes doux de fileuse de laine, Vous allez tristement par la grande maison, Rêvant, seule, en ce soir de l’arrière-saison, Aux chants d’amour dont au printemps elle fut pleine.
À votre seuil le bois se dépouille, et la plaine Est nue, et le soleil est pâle à l’horizon. Vous voudriez pleurer dans vos mains, sans raison, Le front contre la vitre où tremble votre baleine.
Jeune femme attentive au silence du soir, Êtes-vous le Regret ou seriez-vous l’Espoir ? Que vous disent les voix qui dorment dans les chambres ?
Ah ! votre cœur a peur de ces tristes septembres Où tant d’ailes vont fuir vers les soleils moins froids, Et rien ne fleurit plus que la fleur de la croix.