French poem
Chanson
by Stuart Merrill (1863–1915)
Je ne sais pas pourquoi mon cœur Est triste comme un tombeau vide Sous cette aube où la joie avide Chante avec la vie ivre en chœur.
Quand donc finira cette route ?
J’ai ri, comme un enfant, trop fort, Lorsque du seuil des maisons closes J’ai vu qu’on balayait les roses Avec le geste de la mort.
La poussière a caché la route.
Je crois que je connus jadis Celle, la seule, qui fut belle, Et, depuis, mon âme rebelle Rêve à la fille du roi d’Ys.
L’aube est rose au bout de la route.
C’est ce matin marché aux fleurs On chantent les filles fluettes ; Faut-il, pour de vaines bluettes, Passer comme un poète en pleurs ?
Quelqu’un va mourir sur la route.