Versos French Stuart Merrill Chambre d'Amour

French poem

Chambre d'Amour

by (1863–1915)

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Dans la chambre qui fleure un peu la bergamote, Ce soir, lasse, la voix de l’ancien clavecin Chevrote des refrains enfantins de gavotte.

Éteintes par sa main pour quelque doux dessein D’amour, voici qu’enfin les lampes vespérales Fument au bruit de l’eau tintant dans le bassin ;

Au bruit de l’eau qui brille en des lueurs lustrales À travers les rideaux roidis de pourpre et d’or Dont le clair éclat croule aux fenêtres claustrales.

C’est, déroulant au mur un vaporeux décor, La pastorale peinte aux pimpantes images Où des Jeux et des Ris s’éparpille l’essor.

Sur les divans fanés en leurs riants ramages Les coussins semblent lourds de l’oubli des absents : Et du bleu baldaquin s’éplorent des plumages.

Seul, un éventail chu de doigts jadis lassants Présage le retour inespéré de Celle Dont l’automne a pâli les charmes languissants.

Soudain c’est le rayon roux d’une rubacelle, Un chuchotis de voix disant de doux remords, Et le baiser de ceux que la Vie ensorcèle

Dans la chambre où, le soir, s’aimèrent tant de morts !