Versos French Stuart Merrill L’Inutile Vainqueur

French poem

L’Inutile Vainqueur

by (1863–1915)

Listen in the reader

C’est un masque qui rit au mur Sous la colère d’une épée Que cette main dans l’épopée N’osa brandir contre l’Impur.

Un parfum — fût-ce d’une amante ? — Remémore, en rares moments, L’ancien éveil des instruments Sous les doigts de la nécromante.

Voici que se fanent les lys En l’or incrusté d’un ciboire Où la chair souhaiterait boire L’oubli des péchés de jadis.

Mais que fait la honte de vivre À ce baladin, fils de roi, Qui calme son nocturne effroi Aux chants silencieux du livre ?

Il lut l’inutile vainqueur De tous ceux qui crurent au verbe ! Mais, las ! il n’eut pas la superbe De barder de fer son vain cœur.

Le voici, frêle hoir des années, Sans gloire sauf celle d’un nom Que les aïeux sous le pennon Hurlaient aux rouges destinées.

C’est un masque qui rit au mur Sous la colère d’une épée Que cette main dans l’épopée N’osa brandir contre l’Impur.