French poem
Les trois reines
by Stuart Merrill (1863–1915)
La première avait laurier d’argent Et voile bleu sur sa beauté fière ; Sombre, elle tendait à ma prière Des lys qu’elle cueillait en songeant.
La seconde avait couronne d’or Et robe rouge comme ses lèvres ; Souriante, elle offrait à mes fièvres Les pavots violets de la mort.
La troisième avait casque de fer Et cuirasse couleur de la flamme ; Rieuse, elle jetait à mon âme Les roses sanglantes de l’enfer.
Baisant roses, pavots et lys, fleurs Des trois reines de ma destinée, Je chantai, voix bénie et damnée, Le rire, le sourire et les pleurs.