French poem
Mourir
by Stuart Merrill (1863–1915)
Ici, devant la fenêtre De la chambre bleue et grise D’où je vois l’orme et le hêtre Se balancer sous la brise,
J’arrête un peu ma faiblesse Qu’enfièvre le crépuscule, Doux malade que tout blesse Et qui devant tout recule.
C’est l’heure molle des rêves, Des larmes et des silences, Des souvenances trop brèves Et des lentes somnolences.
Les fleurs, sous la moindre haleine, S’éparpillent sur le sable. Mais je me désole à peine De savoir tout périssable.
La Mort même sait sourire. Ce rideau blanc devient rose. Je ne sais si je respire Ni si je sens quelque chose.
Mourir serait si facile Au bruit léger de la brise, Mourir quand le jour vacille Dans la chambre bleue et grise !