French poem
Nocturne
by Stuart Merrill (1863–1915)
Les ramiers assoupis sur les balustres d’or Le long de l’eau lunaire des lagunes S’essorent au murmure ému du vent des dunes Vers les lointains d’un fabuleux décor.
Aux balcons des palais enguirlandés de lustres Un friselis frileux de falbalas, Et voilà s’effeuiller par touffes les lilas Sur les remous des profondeurs palustres.
Les gondoles d’amour, lourdes pour ce soir-là De girandoles et de banderolles, Traînent l’écho mourant des molles barcarolles Sur un doux air démodé de gala.
Puis lent comme un remords, oh ! si lent, le silence Sur l’eau lasse où s’éplorent les lilas, Et l’indolent élan vers les bleus au-delàs Des souvenirs mi-morts de somnolence.