Versos French Stuart Merrill Un peu d’ombre

French poem

Un peu d’ombre

by (1863–1915)

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Un peu d’ombre, quelques larmes, Et le son d’une cloche sur la ville. Le vent d’automne souffle l’alarme À nos âmes qui se sentent serviles.

Ah ! cache-toi dans mes bras, ce soir Où nous avons presque peur de l’amour, Pour avoir entendu dans le noir Cette cloche qui sonne la fin d’un jour.

Nous n’osons allumer les lampes De peur de revoir nos visages ; La fièvre bat à nos tempes, Le vent aux fenêtres fait rage.

Des feuilles et des oiseaux de mort Volent par-dessus les toits. Ici, dans la chambre, le Sort Sourit au murmure de nos voix.

Ah ! cette cloche dans le vent ! Nous sommes À peine vivants parmi les morts sans nombre Qui ne se font entendre aux hommes Que par leurs larmes tombées dans l’ombre.