French poem
Vi
by Stuart Merrill (1863–1915)
--Viens, très douce, rêver aux heure. Où nous effeuillâmes les lys Au clair de la lune. Tu pleures?
--Je fus la fille du roi d'Ys, Mon amant, et je sais à peine Ce que nous nous dîmes, jadis.
--Nes-tu pas la petite reine Qui sen venait, chantant tout bas, Mirer ses yeux en la fontaine?
--Si légers devaient choir mes pas Sur le givre des nuits dautomne, Que tu ne les entendis pas.
--Hélas! mais sa voix monotone Était la tienne, et ses chers yeux Avaient ton regard qui sétonne.
--Dupe! Par une loi des dieux La cité nest plus sur la dune, Et je vais vers de nouveaux cieux.
--Pourtant je sais que jaimais une Qui parlait ainsi de malheurs En lançant des lys à la lune.
--O toi qui te souviens, ces pleurs Sont le signe en effet de celle Qui survit à la mort des fleurs.
--Je savais bien que tu fus elle, Avec ta peur des lendemains, Cet air mortel qui mensorcelle,
Et tes gestes las de tes mains!