French poem
Viens, cette nuit, poser tes lèvres
by Stuart Merrill (1863–1915)
Viens, cette nuit, poser tes lèvres, Fleurs tièdes de chair, sur mes yeux. Je croirai sentir sur mes fièvres Des roses s’effeuiller des cieux.
Glisse tes deux mains dans les miennes, Doucement, comme un don secret ; Puis chante des choses anciennes Faites d’amour et de regret.
On dirait que par la fenêtre Le Malheur nous guette, sournois. Mais l’aube va bientôt paraître, Et j’ai tes baisers et ta voix.