French poem
Xii
by Stuart Merrill (1863–1915)
Je ne sais plus par quelle contrée Détoiles et de roses de lune Je tai perdue en cette vesprée Où nos voix se turent l'une après lune.
Au loin, cest comme un murmure dondes Coulant vers une mer inconnue.
Nos yeux suivaient le rêve des mondes, Et notre âme attendait la venue Du Christ ou de la Vierge Marie Dans les roses de lune et les étoiles.
Au loin, le vent, comme un Dieu qui prie, Souffle vers la mer lessor des voiles.
Nos mains cherchaient l'ancienne caresse Et nos lèvres la vieille parole; Mais nos gestes étaient de détresse, Et nos mots tels un oiseau qui senvole.
Au loin, comme des oublis, les feuilles Vogueut vers la mer où dort lautomne.
Ses yeux et ses lèvres que tu cueilles, Dieu dhiver dont le soleil sétonne, Refleuriront-ils comme les roses Et les étoiles que nous aimâmes?
Au loin, lair est plein de voix moroses Et la mer chante la mort des âmes.