French poem
La Couronne de fleurs
Renversé doucement dans les bras de Thaïs, Le front ceint d’un léger nuage, Je lui disois : lorsque tu me souris, Peut-être sur ma tête il s’élève un orage. Que pense-t-on de mes écrits ? Je dois aimer mes vers, puisqu’ils sont ton ouvrage.
Occuperai-je les cent voix De la vagabonde déesse ? À ses faveurs pour obtenir des droits, Suffit-il, ô Thaïs, de sentir la tendresse ? Thaïs alors sur de récens gazons Cueille des fleurs, en tresse une couronne. Tiens, c’est ainsi que je répons ; Voilà le prix de tes chansons, Et c’est ma main qui te le donne : Renonce, me dit-elle, à l’orgueil des lauriers ; Laisse ces froids honneurs qu’ici tu te proposes ; Il faut des couronnes de roses À qui peignit l’amour et chanta les baisers.