French poem
Les Baisers
Plus de fois, dans tes bras charmants Captif, j’ai béni mes prisons, Que le ciel n’a de diamants ; Et pour tes noires trahisons J’ai versé plus de pleurs amers Que n’en tient le gouffre des mers.
Mes chants ailés, je te les dois ! Plus haineuse que les bourreaux, Mon cœur a saigné sous tes doigts ; Mais que de fois, comme un héros Qui vient de voler son trésor, J’ai dormi sur tes cheveux d’or !
Tu m’as versé le vin du ciel ! Et mes maux seront pardonnés À ton désœuvrement cruel, Si les baisers que m’a donnés Ta lèvre pareille à des fleurs Sont aussi nombreux que mes pleurs.