Versos French Théodore de Banville Ton Sourire

French poem

Ton Sourire

by

Listen in the reader

Ô mère, ton sourire enthousiaste et fier Brille de clairs rayons, comme un soleil d’hiver. En vain l’âge est venu ; le temps qui nous assiège A touché ton front pur, et ne l’a pas blessé, Mais triste de blanchir tes cheveux, a laissé Délicieusement fleurir leur douce neige !

Oh ! dis-moi, le sais-tu, pourquoi tes soixante ans Ont la grâce charmante et vive d’un printemps ? Chaque heure sans repos nous pousse de son aile, Chaque instant nous trahit ; mais les nobles amours Sont pour notre visage un dictame, et toujours Y mettent doucement la jeunesse éternelle.

La brise qui charma les fleurs, le seul zéphyr Froisse la blonde mer de flamme et de saphir Dont le chant retentit près des belles Florides ; Mère, tes yeux aussi réfléchissent l’azur, C’est pourquoi tu seras pareille à ce flot pur Qui reflète le ciel et qui n’a pas de rides !

19 novembre 1858.