French poem
Les Parques ont le teint plus gay que mon visage
by Théophile de Viau (1590–1626)
Les Parques ont le teint plus gay que mon visage ; Je croy que les damnez sont plus heureux que moi ; Aussi le vieux tyran qui leur donne la loy Des peines que je sens n’a jamais eu l’usage.
Les jours les plus serains pour moy sont pleins d’orage ; Les objets les plus beaux pour moy sont pleins d’effroy, Et du plus doux accueil que me fasse le roy Mon esprit insensé croit souffrir un outrage.
Ton injuste mespris m’a faict ceste douleur. Depuis, incessamment je resve à mon malheur, Et rien plus que la mort ne me peut faire envie :
Voy donc si mon mal-heur s’obstine à me punir. Je pense que la mort refuse de venir, Pource qu’elle n’est point si triste que ma vie.