French poem
Chambre d’hôtel morose et vide. Un œillet penche
by Tristan Derème (1889–1941)
Chambre d’hôtel morose et vide. Un œillet penche Et touche le miroir triste où tu contemplas Ta gorge nue. eau chaude. eau froide. MM. les Clients sont priés de régler chaque dimanche.
C’est dimanche. Réglons les comptes de ce cœur. Rideaux jaunes et noirs, quel funèbre décor !
Tu n’es plus là. J’ai lu Delille et l’Annuaire Des Téléphones, pour ne plus songer à tes Sanglots ; mais je voyais tes larmes et restais Des heures, les yeux clos, trop habile à me nuire,
À remuer ma peine au lieu de l’endormir Et mâchant ma douleur comme un fruit trop amer.
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